Voilà quelques mois que nous sommes rentrés de ce grand voyage qui a changé nos vies. Deux ans et demi de voyages et de d’expériences.
Trois mois en fait depuis notre retour en terres françaises, les terres qui m’ont vu grandir. La société dans laquelle on vit et grandit, nous propose un chemin. Tracé simple, le schéma « études, travail et famille » mais tout le monde est il fait pour ce mode de vie ?
Un jour, une opportunité de voyage se présente, une aventure, un défi et me voilà, billet en main parti pour un voyage de 365 jours. Alors qu’au départ la question du retour n’est qu’une évidence, je me souviens même d’avoir dit à ma sœur « pas de risque que je reste plus d’un an si loin » et pourtant …
Fière de ce visa à double statut qu’est le WHV, je découvre une liberté et l’ouverture d’esprit qui est propre au monde des voyageurs.
Avant même la date du retour indiquée sur le billet, je commence à me poser la question. On dit souvent « on a qu’une seule vie », de sorte qu’il faille lire sous les mots « profite de la vie ». De quelle façon ? Que dois-je donc vraiment faire de la mienne ?
Il y a bien ma famille aimante qui me manque ainsi que mes amis … dois-je me rapprocher d’eux ou bien vivre ma vie différemment et continuer ce voyage qui me parait inachevé.
On a décidé de repartir. Heureux de découvrir, rencontrer et vivre différemment on profite de chaque instant. Mais encore une fois, la date fatale des 365 jours nous pousse hors de cette terre d’accueil. Une nouvelle évidence s’impose : ce n’est pas l’heure de rentrer en France, il reste encore beaucoup à découvrir dans le monde. Alors on repousse notre retour encore un peu.
Pourtant on finit par rentrer.
Il y a 3 mois déjà qu’on est revenu pour un travail au cœur de la campagne. Bien qu’isolés au cœur de notre village de vacances, le « dur retour à la réalité » se fait en douceur.
Toutefois je me rends bien compte qu’il y a un décalage entre nous et les français.
Un décalage entre nous et nos ami(e)s
Certes ils (et elles) ne nous ont pas oublié mais ils (et elles) ont continué leurs vies sans nous et dorénavant leurs vies et modes de vie, leurs façons de penser et d’agir me parait bien loin de ce que j’ai appris loin d’eux. Une impression d’être encore plus loin d’eux alors que j’ai réduit la distance qui me séparait d’eux.
Un décalage entre nous et la société
Un sentiment de frustration nous a envahit peu à peu.
Libres et autorisés à vivre de la façon dont nous le voulions, du réveil au coucher, voire plus, lors de notre périple, je n’entends plus que « il est interdit de » depuis que j’ai passé les douanes françaises de l’aéroport de Paris. Une société qui me semble mettre des barrières à l’envie et la vie de chacun.
Un exemple simple mais que beaucoup ne comprennent pas.
Une façon de penser dans certains pays du monde (anglophones entre autre) qui permet à chacun de choisir s’il veut travailler et combien il veut travailler. Une philosophie simple, libérale, qui laisse les personnes voulant de l’argent travailler pour le gagner. 60 heures de travail par semaine afin de pouvoir s’offrir ce que l’on veut en fin de mois ou être obligé de ne pas dépasser les 35 heures qu’impose une loi, qui à mes yeux est réductrice, et bien je vous assure qu’un sentiment d’insatisfaction m’a envahit. Lorsque j’entends certains se plaindre qu’ils n’ont pas envie de travailler alors que moi j’ai envie de dépasser ce quota de 35 heures je ne me sens pas à la bonne place (ou lieu). Bien sûr tout le monde n’a pas un « métier-plaisir » mais être heureux, équilibré dans son quotidien, ne passe-t-il pas aussi par aimer son boulot et aimer se lever pour aller bosser ?
Une réadaptation à la vie « normale » plus difficile que je ne le pensais. Mais qu’est donc la vie « normale » ? chacun a-t-il sa façon de vivre sa vie normale ?
A la lecture de cet article vous penserez sûrement « mais elle veut repartir !!!».
Je vous réponds alors « je suis vraiment partagée !! oui j’ai envie de continuer à explorer le monde mais j’ai aussi envie de projets en France avant de pouvoir mieux repartir. Je voudrais aussi être capable, en restant, de montrer que la normalité n’est autre que, trop guidée par la société, une image et un mode de vie stéréotypé et bridé ».
Publié par Le bilan du retour « A la découverte du pays d'Oz le 24 juillet 2011 à 07:50
[...] pris le temps d’écrire ce que nous ressentions depuis notre retour. Un bilan très partagé [...]
Publié par wonderfloflo le 24 juillet 2011 à 08:19
Coucou,
Je n’ai jamais eu “les couilles” de partir comme vous, et pourtant j’en ai toujours eu envie. Je bosse pour pouvoir me payer des loisirs qui me font oublier combien ma vie est ininterressante. Suis-je une éternelle insatisfaite? Je traverse ma vie comme une touriste, en ayant parfois l’impression que je la gaspille car je ne lui ai pas encore trouvé de sens. Je suis heureuse quand je suis entourée de ma famille, de mes amis, de petits bonheurs simples mais dont mes choix pro m’ont éloigné. Heureusement que vous êtes là pour me faire rêver, rire. Merci.
Etonnament, quand je voyage, surtout à l’étranger, je me sens vraiment moi, libre, heureuse, émerveillée et sans contrainte sociale. C pour ça que je bosse, pour partir plus souvent….
Bisous
Publié par Murielle le 24 juillet 2011 à 14:17
Bonjour à tous les deux,
Chacun doit parvenir à trouver son propre chemin. Et ce chemin propre à soi est celui qui s’impose comme une évidence. Mais identifier cette évidence ne va pas de soi. Laissez parler vos coeurs et vous saurez où mettre vos pas. Surtout n’agissez pas comme les uns ou les autres le souhaiteraient. Car il est difficile, surtout dans notre éducation judéo-chrétienne avec ses interdits, de tracer sa voie et sa vie.
Faites vous plaisir. C’est avec ce moteur que vous avancerez. Restez libre est primordial, dans sa pensée comme dans ses actes.
Bises Murielle
PS. Etre proche des siens ne veut pas dire être près.
Publié par karine le 24 juillet 2011 à 17:28
pas mieux.
Publié par karine le 24 juillet 2011 à 17:34
le vrai pb, c’est que l’age, inexorablement, avance..
et ce sont aussi ces “pressions” de la société, sur l’age et du temps qui passe trop vite, qui nous font reflechir : “et si je restait” “et si je me mettais a faire des enfants” “et si je repartais car la vie peut s’arreter demain”… bla bla bla
Si on ne vieillissait pas, ca serait plus facile pour la prise de décisions!!
bises a vous 2.
PS: au pire, tu partages l’année en 2 : 6 mois de voyage, et 6 mois de famille ici !! lol
Publié par lugh payan le 27 juillet 2011 à 09:21
Bravo pour ce bilan/temoignagne, plein de verite (il ny pas d accent sur ce *** de clavier)on imagine tres bien ce que vous ressentez, c’est bientot le retour pour nous,surement pas pour longtemps on espere,bon courage a vous et bravo pour le blog,…bises lugh,julie